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Expositions

IKBAL / ARRIVÉES Pour une nouvelle photographie algérienne Alger-Paris

Du 13 mai 2017 au 13 juillet 2017 IQBAL, du MAMA à la Biennale des photographes du Monde Arabe Contemporain

En proposant un regard croisé sur l’Algérie, cette exposition a pour vocation de révéler au grand public les talents de la jeune photographie algérienne et représente une nouvelle étape dans le travail de soutien à l’émergence de cette jeune création photographique engagé par l’Agence Algérienne pour le Rayonnement Culturel et l’Institut français d’Algérie.

Cette exposition fait suite à un atelier de formation encadré par Bruno Boudjelal en 2015 à la Villa Abdellatif à Alger, durant lequel des photographes venus de toute l’Algérie, avaient travaillé en perspective des Rencontres photographiques de Bamako.

Ikbal/Arrivées regroupe plus de 200 clichés de vingt photographes sélectionnés par Bruno Boudjelal qui seront ainsi présentés successivement à Alger, Paris puis en partie à Marseille :

ABDELHAMID RAHICHE, ABDO SHANAN, AHMED BADREDDINE, ATEF BERREDJEM, FAROUK ABBOU, FETHI SAHRAOUI, HAKIM REZAOUI, KARIM TIDAFI, LIASMINE FODIL, LOLA KHALFA, MEHDI BOUBEKEUR, NASSIM ROUCHICHE, OUSSAMA TABTI, RAMZY BENSAADI, RAMZY ZAHOUAL, SIHEM SALHI, SONIA MERABET, YANIS KAFIZ, YASSINE BELAHSENE, YOUCEF KRACHE.

 

 

Le mot du commissaire de l'exposition:

IKBAL /ARRIVÉES

C’est en 2015 lors d’un atelier photographique effectué à Alger avec des photographes venant de différentes régions d’Algérie, que j’ai été frappé par l’énergie et le dynamisme de tous ces jeunes gens. Ils manifestaient une envie forte de montrer, de dire, de raconter leur pays.

Ce désir, je l’ai aussi rencontré chez nombre d’autres photographes, engagés eux aussi dans une démarche de documenter leur lieu de vie, leur environnement, leur quotidien, leurs questionnements.

Il s’est vite avéré comme une évidence qu’il fallait montrer ce bouillonnement, cette dynamique de la photographie.

Ikbal / Arrivées est une exposition de vingt photographes, femmes et hommes, originaires de différentes régions d’Algérie et continuant d’y vivre. Ils ont majoritairement entre 20 et 30 ans. Les sujets dont ils parlent sont divers et multiples. Ils vont du regard sur le social (les chômeurs, les migrants…), la ville, le monde rural à ceux plus intimes ou poétiques de la prière, de la mémoire à un être cher disparu, voire des esprits (avec la série « Moul El Djellaba »).

Ces jeunes artistes nous parlent, à travers leurs images, d’eux-mêmes et des lieux dans lesquels ils vivent.C’est là un précieux témoignage de la grande vitalité et de la richesse de ce courant photographique qui traverse le pays.

De plus il est essentiel que l’Algérie, comme de nombreux autres pays à travers le continent africain, soit aussi racontée, décrite, photographiée… par les Algériens eux-mêmes. Ces jeunes photographes nous montrent combien ils en ont conscience et nous envoient un message très fort et clair, avec beaucoup de talent !

Bruno Boudjelal

Commissaire de l’exposition

Photographe

 

Des documents sur soi

La photographie algérienne fut, à sa naissance, indissociable du photojournalisme. Cela n’aura de cesse de se confirmer puisque se popularisant, quand elle commence réellement à avoir de la visibilité dans les années 90, ce sera au bénéfice d’une photo de reportage. L’accès à la technique se généralisant, c’est surtout le monde du journalisme et le secteur commercial (publicité, mode…) qui s’en emparent les premiers car, longtemps dominée par des photographes issus de la presse ou du monde de l’édition, c’est une photographie qui répond au besoin d’informer et de montrer.

Facilitée par l’accès aux nouvelles technologies et le tsunami du numérique, la pratique de la photographie constituera très rapidement autant d’ouvertures inattendues qui permettront à une grande partie de la population de devenir de gros producteurs d’images.

C’est ainsi qu’apparaît un phénomène d’imbrication des genres et des profils tels que réunis dans l’exposition Iqbal/Arrivées : photographes reporters, de presse, artistes plasticiens ou amateurs agissent sur plusieurs registres à la fois et évoluent d’un genre à l’autre sans complexes.

On ne peut donc enfermer la photo dans une catégorie précise car, à la fois image et document, elle se «recrée» constamment entre différents usages qui ne correspondent pas forcément à des styles ou des manières particuliers. Iqbal/Arrivées propose un échantillon de la scène actuelle de la nouvelle photographie algérienne dans lequel l’on peut constater qu’un grand usage domine : la représentation des hommes, des enfants, des femmes dans leur environnement rural, naturel, citadin, social, urbain....

Dans cet ensemble, la photographie montre une vue plus intime sur l’univers algérien, reflétant le regard de ceux qui l’habitent et le vivent au quotidien. Elle révèle des fragments de vie, des fractions de réel  construits par ces nombreux regards portés sur les hommes et les choses, des paysages, des villes qui constituent autant d’images de soi.  Elle rompt ainsi avec les images médiatiques et ethnocentriques, les critères et repères esthétiques qui, pour les qualifier, ont souvent fait référence à des spécificités photographiques régionales, historiques ou culturelles. Désormais, la photographie en Algérie se construit par la référence à la diversité de la société et aux trajectoires personnelles de chaque photographe, tout en restant marquée par la question de l’identité.

Il s’agit d’une représentation qui réfère souvent à la tradition classique du noir et blanc (du studio ou du portrait) telle qu’elle fut pratiquée dès les débuts par les premières générations ,  et à la couleur sans la sublimer dans des images touristiques classiques du patrimoine culturel et naturel. Depuis le début des années 2000, la scène culturelle se distingue non seulement par une vitalité dans la production mais aussi par une actualité de l’histoire que partagent l’art et l’information. Ceci est visible dans l’intérêt commun pour le document chez les plasticiens et les photographes. Les photographes se penchent non seulement sur des problématiques de l’actualité mais s’introduisent tout autant dans les espaces du quotidien. C’est une photographie qui répond au désir de se regarder : «[…] les Algériens ont besoin d’avoir un regard sur eux-mêmes » affirmait Abdelkrim Djillali, journaliste . Un véritable enrichissement pour la scène artistique dans nos sociétés où le rapport à l’image reste quelque peu ambigu, l’image de soi restant tributaire des conventions sociales avec les limites que celles-ci supposent.

Ce type de représentation, à la fois document et image, est ce qui fait la caractéristique principale de la photographie en Algérie aujourd’hui. Mode d’expression incontestable, elle a bouleversé le statut de l’image dans notre société et les notions de pouvoir symbolique et idéologique qu’elle induit.

Le résultat engendré par ce nombre incalculable de photographes qui augmente fait émerger une culture partagée, fondée sur les images et leur libre appropriation : la photographie est devenue un élément de la culture à part entière.

Nadira Laggoune-Aklouche, Directrice du MAMA

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